Thèse Natalia Baudoin

« Design convergent, bricologies symbiotiques ».

Hypothèse

Les savoir-faire vernaculaires ne doivent plus être considérés comme des pratiques marginales inadaptées et décontextualisées du monde tant socialement que économiquement mais comme des pratiques à grand potentiel économique lorsque investies par le design en lien avec l’industrie. 

J’envisage donc mon travail de designer, en relation avec des artisans d’Amérique du Latine (Argentine, Bolivie, Mexique) des industriels et des intermédiaires financiers solidaires, comme étant un catalyseur de la recherche, avec pour objectif de faire émerger des manières de faire hybrides jusque-là impensées ancrées dans les marchés économiques. 

Problématique

L’artisanat en Amérique Latine est une pratique vernaculaire qui porte l’héritage culturel de son territoire. Pratiquées par des populations rurales ou pauvres, ces pratiques, comme tout artisanat transmis sur de longues générations, figent des modèles et des règles, des écosystèmes matériau/outil/procédé et des résultats en termes d’objets. Au mieux, dans cet état figé, cet artisanat participe à une micro-économie liée à la vente de souvenirs touristiques, au pire, faute de moyens économiques et d’accès à d’autres technologies, toute innovation devient impossible, condamnant les populations qui les pratiquent à rester sous le seuil de pauvreté. 

Dans ce contexte, comment le design peut questionner les champs d’application de ces savoir-faire vernaculaires afin de les intégrer dans le système économique ?

Nous supposons qu’à travers la création de projets hybrides entre pratiques manuelles ancestrales et techniques industrielles revisitées il sera possible d’élargir et adapter le savoir-faire artisanal en ayant au préalable réalisé un effort d’intelligibilité de ces connaissances construites par le faire.

Comment le design et les financeurs peuvent-ils proposer conjointement des modalités adaptées à la cosmovision des producteurs tout en permettant le financement de leur activité et les attentes des bailleurs de fonds ?