Antoine Tour

designer · étudiant chercheur D0

BIO

Diplômé de l’École des Arts Décoratifs (MA Design Objet), des Mines et de l’École nationale supérieure d’art et de design de Nancy (MSc Design et Matériaux), de l’École des arts de la Sorbonne (MPhil Design, Arts, Média co-accrédité par Télécom Paris, MPhil Cinéma), entre en 2021 en recherche à l’EnsadLab au sein du groupe Symbiose.

Il a travaillé pour le studio de design de Théophile Blandet (Fons Welters Gallery, Functional Art Gallery), Anne-Marie Duguet (Pr. Emer. Digital Media, collection Anarchive), et AMA Productions (Julien Féret).


Projet de thèse

Surfaces et ornements,
des appareils de conception numérique
en design à la création d’ornements utiles

(titre provisoire)

Mots-Clés
artisanat, esthétique, intérieurs, ornement, numérisation, surface

Résumé
L’ornement est la fonction décorative d’un art ou d’une forme, et il se définit comme une structure dont les fins sont uniquement décoratives. Cette thèse propose de revenir sur la notion d’ornement en faisant apparaître les interactions potentielles entre surface et structure.

En ce sens, le sujet ornemental peut apparaître comme un médiateur. L’ornement tel que nous le concevons ici pourrait se matérialiser sous la forme d’une seconde peau de l’objet, à partir de la captation de la matière par laser ou par analyse d’images.

Le concept d’ornement et la technologie du scan permettent de travailler simultanément des états de surface et un vocabulaire spécifique essayant de mettre en question l’usage de nos outils numériques. Il s’agit de comprendre ces techniques de numérisation qui vont au-devant du design, puisqu’elles sont utilisées en architecture, en archéologie et en ingénierie, et d’une volonté de dépasser la technique pour amener l’étude des surfaces à un usage par le design, afin de parvenir à un outil viable et in fine utile à notre discipline.

Il s’agit donc de penser ces outils présents dans le domaine de la conservation, de l’architecture et de l’ingénierie afin de les activer dans les métiers de l’artisanat, à partir du champ du design, pour repenser leur fonction.

Ornament has returned—again—from exile. This is a claim that will turn out to be more complicated than at first it might seem.
The terms under which it has been able to return raise questions about the very nature of ornament.

Robert Levit, « Contemporary “Ornament” The Return of the Symbolic Repressed », Harvard Design Magazine : Can Designers Improve Life in Non-Formal Cities?, Cambridge, 2008, pp. 70-85

Problématique
Par la recherche et la pratique en design, comment proposer un processus de création d’ornements contemporains usant de technologies numériques, et des savoir-faire artisans liés aux intérieurs, intégrant l’existant comme modèle de création et modifiant le processus ascendant de la conception numérique qui deviendrait une matière à interprétation (analyse du signal) et à création (processus de modelage), au moyen d’un outil propice à la conservation et à l’étude des surfaces que sont les scanners laser, qui permettrait de consolider un langage entre métiers d’art et conception numérique à partir d’une réflexion sur la fonction ornementale, orientée vers une écologie critique, en repensant son caractère utile, et dans le but de dépasser un clivage esthétique, positionnant les savoir-faire artisan en amont du travail de conception ?

Hypothèse
En usant du potentiel de numérisation des surfaces en volume, nous voudrions proposer un processus de recréation de surfaces susceptible de faire ornement ; il s’agit en définitive de la création d’artefacts ornementaux à partir de la captation du réel permettant d’appréhender l’ornement dans un dialogue esthétique entre artisans et dessinateurs questionnant la place de ce dernier dans nos intérieurs et nos modes de vie contemporains.

Objectifs
.intégrer l’artisan au processus de conception, pour ne plus seulement répondre aux objectifs d’une commande mais, selon une approche par le design, d’être intégré de façon antérieure au projet d’architecture ou industriel, donnant ainsi la possibilité de créer un consolidation des échanges de ces métiers avec la création.


.permettre à l’artisan d’optimiser un temps de travail dans un premier temps, et ainsi de consacrer à travers l’usage de cet outil, un temps à la création, en gagnant du temps entre le chantier et l’atelier, entre la maquette numérique et physique, en proposant d’insérer le métier du design à l’interface entre métiers numériques et métiers d’art.

Axes de recherche
La question des intérieurs permet de questionner la relation entre l’intimité, le confort et la culture dans lequel l’ornement peut être perçu comme le catalyseur à travers ces différentes notions. Le design d’intérieur en tant que discipline permet aux arts décoratifs et à l’architecture de pouvoir interagir avec les individus en usant du programme architectural comme de la spatialisation des objets. Il lui revient donc de dévoiler les systèmes techniques de l’habitat pour les rendre intelligibles et opérables.

Magnifier les objets techniques doit permettre de dépasser le paradigme simondonien entre phanérotechnie /cryptotechnie par le processus sculptural. En effet le processus d’individuation des objets techniques passe, selon Simondon, par une phase de phanérotechnie, l’objet est dévoilé en fonction de ses contraintes techniques, c’est ce qui lui permet d’être amélioré au cours du temps en fonction des usages qui en est fait. Ce point permettra d’aborder tant la question de l’ornement appliqué aux systèmes techniques de l’habitat, qu’à ouvrir les possibilités du scanner 3D à des usages créatifs, à en augmenter la pratique et le performer en tant qu’objet technique propre.

Utiliser l’esthétique de la sculpture et du modelage numérique au croisement avec le modelage et la réalisation artisanale doit permettre de mettre en jeu la confrontation binaire entre matériel et immatériel dans un processus esthétique et créatif. Créer un artisanat numérique aura pour incidence de provoquer plus d’inattendus dans la création et permettre de voir émerger de nouvelles formes de création. L’interaction de ces esthétiques doit permettre également de dépasser le clivage théorique d’une rupture entre conception matérielle et conception numérique.

Intégrer la compréhension mathématique des courbes gauches et des surfaces complexes au projet permet de poser des questions de structure et de représentation sur la réalisation des modèles numériques, d’apporter de la compréhension à la reconstruction de volumes et permettre de simplifier et de projeter la complexité.

Sujets de recherche (2017-2020)
le sujet esthétique dans son rapport au politique, l’esthétique de l’effondrement comme évènement antérieur aux arguments écologiques, relations historiques entre cinéma expérimental et art vidéo.


antoine.tour@ensad.fr
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